Jésus, Lumière de révélation aux Nations et gloire d’Israël son peuple

Dans le temps liturgique qui suit Noël et qui se poursuit jusqu’au 2 février, nous rappelons des évènements qui touchent l‘identité juive de Jésus : sa circoncision le  huitième jour et, environ un mois après,  son rachat comme premier né ainsi  que la purification de Marie comme toute  femme qui a enfanté.

Jésus reçoit son nom à la circoncision (Luc 2,21), c’est-à-dire sa vocation. Il entre dans l’alliance d’Abraham, il prend sa place dans le peuple de l’alliance comme « Dieu qui sauve » (Yeshua).

Dans le contexte  du rachat des premiers nés  et de la purification de Marie (Luc 2,22-40 ; cf Ex 13,11-15 et Lév 12)), interviennent Simeon et Anne, « Shim’on », celui qui écoute, « Hanna » , celle qui évoque la gratuité de Dieu . L’un attend la consolation d’Israël, l’autre la rédemption de Jérusalem. Deux notions messianiques  qui viennent du prophète Isaïe ( Is 49,3-7).

Dans le récit de Luc 5 fois est mentionné l’accomplissement de la Loi. Dans cette humble contexte de fidélité à la loi, Siméon inspiré par l’Esprit saint (mentionné trois fois en deux versets) reconnait que ce nouveau-né est « lumière des nations et gloire de son peuple Israël ».

La gloire, la « kavod » en  hébreu, c’est le poids de Dieu, la manière dont il révèle d’une manière visible son invisibilité ; Dieu, pourrions-nous dire, manifeste  tout le poids de son amour en s’incarnant dans ce peuple spécifique dont il observe  les  lois  et c’est cette lumière que doivent accueillir les nations. Et de son côté Israël  est appelé à faire place dans son alliance à ces Nations auxquelles le Seigneur veut aussi révéler le poids illimité de son amour.

Une allusion codée dans la symbolique biblique et juive des nombres : l’âge d’Anne, 84 ans, 12 fois 7 ; or 12 est le chiffre d’Israël et 7 le chiffre des nations. Hanna unit dans son âge Israël et les Nations.

Cela est et demeure signe de contradiction. Comment un tel particulier peut embrasser un tel universel. Cette révélation passe donc par la croix et Marie y est étroitement associée elle qui  a mesuré plus que tout le poids de l’amour de Dieu incarné dans sa propre chair.

Sr Anne-Catherine Avril, Notre Dame de Sion.